Guide · IA en Suisse

L'IA en entreprise en Suisse : le guide pratique pour les PME

Ce que l'IA change concrètement pour une PME suisse, quelles solutions choisir quand on tient à garder ses données en Suisse, ce que dit la loi, et par où commencer quand on travaille sur le terrain.

En brefPour une PME suisse, l'IA est utile d'abord sur les tâches répétitives : rédiger des rapports, résumer, classer, répondre. Il n'existe pas de loi suisse générale sur l'IA, mais la nLPD s'applique dès que des données personnelles sont traitées. Des solutions hébergées en Suisse existent (Apertus, Euria d'Infomaniak, modèles ouverts auto-hébergés). Le bon point de départ est un document précis et mesurable.

1. Les usages qui rapportent vraiment dans une PME

Usages de l'IA par type de tâche, du plus au moins immédiat pour une PME de terrain
TâcheExempleDifficulté de mise en place
Transformer la parole en documentRapport d'intervention dicté, compte rendu de chantierFaible à moyenne
Résumer et rédigerRéponses aux e-mails, offres, comptes rendus de réunionFaible
Extraire des informationsLire des bons de livraison, des factures fournisseursMoyenne
Répondre à partir de vos documentsProcédures internes, notices techniques, historique clientMoyenne
Automatiser un processus completDu rapport validé à la facture dans le logiciel comptableMoyenne à élevée

Pour les entreprises de terrain, la première ligne est souvent la plus rentable : c'est là que se perd le plus de temps, le soir, à recopier la journée. Voir le rapport d'intervention vocal.

2. Garder ses données en Suisse : les options en 2026

La question revient dans chaque projet : « où partent nos données ? ». Il existe aujourd'hui trois grandes familles de solutions.

Les modèles et assistants suisses

Apertus, publié en septembre 2025 par l'EPFL, l'ETH Zurich et le Centre suisse de calcul scientifique (CSCS), est un grand modèle de langage ouvert, entraîné de manière transparente et multilingue. Des hébergeurs suisses proposent aussi leurs propres assistants, comme Euria chez Infomaniak, avec des données traitées en Suisse.

Les modèles ouverts auto-hébergés

Des modèles ouverts peuvent tourner sur un serveur en Suisse, chez un hébergeur local ou sur votre propre infrastructure. Le contrôle est maximal, au prix d'une mise en place plus technique et de performances parfois inférieures aux meilleurs modèles commerciaux.

Les grands fournisseurs, en hébergement européen

Les principaux fournisseurs internationaux proposent des offres professionnelles avec traitement en Europe et engagement de ne pas entraîner leurs modèles sur vos données. Pour une PME, c'est souvent le meilleur compromis entre qualité et conformité, à condition de lire le contrat de traitement des données.

Notre pratique : pour chaque projet, nous documentons quel fournisseur traite quoi, où, et pour combien de temps, et nous choisissons en priorité un traitement en Suisse ou dans l'UE.

3. Ce que dit la loi

La nLPD s'applique déjà

La loi fédérale sur la protection des données révisée (nLPD), en vigueur depuis le 1er septembre 2023, s'applique à l'IA comme à tout traitement de données personnelles. Le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT) a rappelé que la loi est directement applicable aux traitements par IA. En pratique :

  • informer les personnes concernées (clients, collaborateurs) lorsque leurs données sont traitées par une IA ;
  • limiter les données au strict nécessaire (proportionnalité) ;
  • sécuriser les données et choisir des sous-traitants fiables ;
  • encadrer les transferts hors de Suisse vers des pays sans niveau de protection adéquat ;
  • analyser l'impact lorsqu'un traitement présente un risque élevé.

Pas encore de loi générale sur l'IA

Début 2025, le Conseil fédéral a décidé de ratifier la convention du Conseil de l'Europe sur l'intelligence artificielle et d'adapter les lois existantes au cas par cas, plutôt que de créer une loi générale sur le modèle européen. Les PME qui proposent des produits intégrant de l'IA sur le marché européen doivent en revanche surveiller l'AI Act de l'Union européenne.

Ce guide donne des repères généraux et ne constitue pas un avis juridique.

4. Par où commencer : la méthode en cinq étapes

  1. Choisir un document

    Le plus répétitif, celui qui retarde la facture.

  2. Mesurer l'existant

    Combien de minutes par document, combien de documents par semaine.

  3. Tester sur le terrain

    Deux à quatre semaines avec un ou deux collaborateurs volontaires.

  4. Comparer

    Temps gagné, corrections nécessaires, satisfaction des équipes.

  5. Décider

    Généraliser, ajuster, ou arrêter. Les trois sont de bonnes décisions.

Questions fréquentes

Une PME suisse a-t-elle le droit d'utiliser ChatGPT ou d'autres IA ?

Oui. Il n'existe pas en Suisse d'interdiction générale. En revanche, la loi sur la protection des données (nLPD) s'applique dès que des données personnelles sont traitées : il faut informer, limiter les données au nécessaire, sécuriser, et encadrer les transferts vers l'étranger. Le plus simple est de ne pas saisir de données personnelles dans un outil grand public non encadré.

Existe-t-il une loi suisse sur l'intelligence artificielle ?

Pas de loi générale équivalente à l'AI Act européen à ce jour. Début 2025, le Conseil fédéral a choisi de ratifier la convention du Conseil de l'Europe sur l'IA et d'adapter les lois existantes secteur par secteur. Une PME qui vend des produits ou services intégrant de l'IA dans l'Union européenne peut toutefois être concernée par l'AI Act.

Quelles solutions d'IA sont hébergées en Suisse ?

Plusieurs options existent : Apertus, le grand modèle de langage ouvert publié en 2025 par l'EPFL, l'ETH Zurich et le Centre suisse de calcul scientifique ; des assistants d'hébergeurs suisses comme Euria d'Infomaniak ; ou des modèles ouverts installés sur des serveurs en Suisse. Les grands fournisseurs internationaux proposent aussi des hébergements en Europe avec des engagements contractuels.

Par quoi une entreprise de terrain devrait-elle commencer ?

Par le document répétitif qui retarde la facturation : rapport d'intervention, compte rendu ou relevé avant devis. C'est mesurable, limité, et le gain se voit en quelques semaines. Les projets « IA pour tout » sans cible précise échouent beaucoup plus souvent.

Combien coûte l'IA pour une PME ?

Les abonnements à des assistants coûtent de quelques francs à quelques dizaines de francs par utilisateur et par mois. Un projet intégré à vos outils (dictée, rapports, export vers la comptabilité) se chiffre plutôt en milliers de francs, avec des coûts d'utilisation de quelques centimes par document. Voir nos tarifs indicatifs.

L'IA va-t-elle remplacer mes techniciens ?

Non. Sur le terrain, l'IA s'occupe de la partie administrative : transcrire, structurer, remplir les formulaires. Le diagnostic, le geste technique et la relation client restent humains. L'objectif est de rendre aux techniciens le temps passé à ressaisir.

Faut-il former les collaborateurs ?

Oui, brièvement mais concrètement : quoi dicter, quoi vérifier, quelles données ne jamais saisir dans un outil non autorisé. Une charte d'utilisation d'une page suffit souvent. Voir notre formation IA pour les métiers de terrain.

Vous voulez tester l'IA sur un cas concret ?

Décrivez-nous en quelques lignes votre façon de travailler aujourd'hui. Nous vous répondons sous deux jours ouvrables avec une première évaluation, sans engagement.